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« Moi, ce n'est pas grave » : pourquoi minimiser ses émotions nous éloigne de nous-mêmes

  • Photo du rédacteur: Anne-Laure Sauvadet
    Anne-Laure Sauvadet
  • 21 juil.
  • 2 min de lecture

Il y a une phrase que j'entends très régulièrement en séance.

« Moi, ce n'est pas grave. »

Souvent, elle est suivie de :

"Il y a des personnes qui vivent des choses bien pires."

"Je n'ai pas de raison de me sentir comme ça."

"Je ne devrais pas me plaindre."

Pourquoi minimiser ses émotions nous éloigne de nous-mêmes ?


Cette façon de penser part souvent d'une belle intention : relativiser, rester reconnaissant, ne pas se victimiser.

Mais elle peut aussi avoir une conséquence plus discrète : nous empêcher d'accueillir pleinement ce que nous ressentons.


Nos émotions n'ont pas besoin d'être comparées

Nous avons parfois tendance à imaginer qu'il faudrait avoir vécu un événement particulièrement difficile pour avoir le droit d'être triste, anxieux, en colère ou épuisé.

Pourtant, les émotions ne fonctionnent pas comme une compétition.

Ce n'est pas parce qu'une autre personne traverse une épreuve plus importante que notre propre vécu cesse d'exister.

La souffrance des autres mérite d'être reconnue.

La vôtre aussi.

Les deux peuvent coexister.


Quand on minimise ses émotions…

À force de se dire « ce n'est pas grave », beaucoup de personnes finissent par ne plus écouter leurs propres besoins.

Elles continuent d'avancer.

Elles prennent soin des autres.

Elles travaillent.

Elles gèrent leur quotidien.

Mais elles s'éloignent peu à peu de ce qu'elles ressentent réellement.

Et lorsque les émotions ne trouvent pas d'espace pour être accueillies, le corps peut parfois prendre le relais.

Fatigue persistante, tensions musculaires, irritabilité, difficultés à dormir, sensation d'être constamment sous pression… Chaque personne l'exprime différemment.

Il ne s'agit pas de dire que tous les symptômes ont une origine émotionnelle, mais notre état émotionnel influence bien notre façon de vivre et de ressentir notre quotidien.


En séance, il ne s'agit pas de savoir si c'est « assez grave »

Lorsque quelqu'un vient me consulter, je ne cherche pas à évaluer si son histoire est plus ou moins difficile que celle d'une autre personne.

Cette comparaison n'a pas sa place.

Je cherche à comprendre ce que cette personne vit aujourd'hui.

Comment son corps réagit.

Quels mécanismes d'adaptation se sont mis en place.

Et surtout, de quoi elle aurait besoin aujourd'hui pour retrouver davantage d'équilibre.

La kinésiologie offre un espace où il devient possible de ralentir, d'écouter les messages du corps et de remettre de la valeur sur ce qui est ressenti, sans jugement.


Vous avez le droit de ressentir ce que vous ressentez

Reconnaître sa tristesse ne minimise pas le courage des autres.

Accueillir sa peur n'efface pas les difficultés du monde.

Dire « aujourd'hui, c'est difficile pour moi » ne fait pas de vous quelqu'un de faible ou d'égoïste.

Au contraire.

C'est souvent le premier pas pour prendre soin de soi avec davantage de bienveillance.

Parce que nos émotions ne demandent pas à être comparées.

Elles demandent simplement à être entendues.

« Moi, ce n'est pas grave » : pourquoi minimiser ses émotions nous éloigne de nous-mêmes
« Moi, ce n'est pas grave » : pourquoi minimiser ses émotions nous éloigne de nous-mêmes

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© Copyright 2021 par Anne-Laure Sauvadet Kinésiologue

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